 Votons !
La porte-parole de l’association Lambda vote vous prie de vous rendre dans l’isoloir.
L’élection de représentants s’inscrit dans un système démocratique qui permet de donner son avis sur un idéal de société. Il permet donc à chaque citoyen d’exprimer ses idées, ses opinions, de revendiquer l’avenir qu’il souhaite pour l’ensemble de la société. Le vote est l’un des moyens dont on dispose pour changer la donne politique. Il est important de comprendre que l’avenir de notre société dépend en partie des décisions politiques prises. C’est donc à nous de choisir qui nous représentera le mieux, qui défendra nos valeurs et l’intérêt général. Le droit de vote est un droit fondamental qui s’inscrit dans la liberté d’expression, tout aussi fondamentale.
Nos représentants ont le pouvoir de voter la loi, de diriger l’Etat ou les collectivités territoriales. Leurs pouvoirs sont importants, mais la Constitution et les cadres législatifs et réglementaires garantissent aux citoyens un exercice contrôlé des responsabilités. Il est également important de ne pas oublier que les électeurs ont toujours le dernier mot, car ils ont le pouvoir de sanctionner ceux qu’ils ont élus en ne les réélisant pas. Par ailleurs, entre deux élections, ils disposent de moyens pour se faire entendre des élus. Même si ces moyens peuvent paraître encore insuffisants, les décisions politiques doivent désormais faire l’objet de concertations, de débats avec les citoyens. En effet, les électeurs n’entendent plus aujourd’hui donner un blanc-seing à un représentant pour la durée de son mandat.
Un devoir citoyen
Alors bien sûr, la démocratie ne se joue pas seulement au moment des échéances électorales, elle s’exerce aussi à travers l’engagement associatif, syndical. Les mouvements sociaux sont un mode d’expression que les élus ne peuvent pas ignorer. Et aujourd’hui, d’autres formes d’expression citoyenne se mettent en place avec des instances consultatives obligatoires qui disposeront dans les années à venir de plus en plus de moyens. Mais le système électoral doit encore évoluer pour permettre à un plus grand nombre de gens d’y participer, notamment en étant ouvert aux étrangers. Et il est clair que beaucoup de nos concitoyens ont encore l’impression que leur vote est vain. Ils ont le sentiment de ne pas être entendus, mais peuvent rester malgré tout attachés à leurs élus locaux qui leur paraissent plus accessibles. Pourquoi ? Parce que les élections municipales permettent de mesurer concrètement les conséquences des décisions prises ou encore les actions menées par les élus locaux au regard des engagements et des programmes qu’ils ont défendus.
N’oublions donc pas que le droit de vote n’est pas seulement un droit mais un devoir citoyen. Si l’on ne veut pas que l’intérêt général ne soit que la somme d’intérêts particuliers, si l’on ne veut pas que certains extrémismes s’imposent grâce à l’abstention, on se doit de se mobiliser pour élire nos représentants qui restent encore l’un de nos remparts contre des modèles de société dont nous ne voulons pas. Alors votons !
Pauline Caysac (association Lambda vote)
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Pourquoi je ne vote pas
Une militante anarchiste justifie son boycott des urnes. Elle mise encore sur la lutte finale.
Je refuse de mandater quelqu’un pour penser et agir à ma place, aussi je ne commerce pas avec les candidats qui s’affichent pendant la course au pouvoir. Les panneaux publicitaires où ils s’exhibent ne sont pas des arguments politiques valides et leur meilleur profil ne suffit pas à rendre crédible cette très improbable compétence qu’ils proclament : la capacité de faire des propositions qui soient le reflet fidèle des besoins et des désirs de tous ! Ce qui me paraît justement indispensable, c’est que chaque individu puisse en toutes circonstances faire valoir son point de vue. C’est irréaliste ? Peut-être… mais on ne peut pas savoir puisqu’on n’a encore jamais essayé. Un peu comme la démocratie du temps de la royauté, quoi ! Il faut faire preuve de bon sens et reconnaître qu’on ne peut pas tenir compte de tous les points de vue ? Il faut se soumettre au principe démocratique ? A la loi de la majorité ? Un peu comme en Afrique du Sud il y a quelques années, alors !
A bien y réfléchir, proposer que tout un chacun ait le droit de faire entendre sa parole au lieu de donner de la voix est loin d’être absurde face au système des élections tel qu’il est organisé : une consultation et quand le fameux « a voté » tombe comme la lame d’une guillotine, le citoyen électeur redevient politiquement aphone pour cinq ou six ans ! Au passage, rappelons-nous que dans nos contrées le statut de citoyen a été longtemps lié à des critères de fortune (être propriétaire) ou de sexe (les femmes ne votent que depuis 1945). Et aujourd’hui, la nationalité est toujours un élément d’exclusion…
Maintien d’un ordre établi
La délégation du pouvoir serait-elle une tendance naturelle ? Y aurait-il les intelligents qui savent analyser ce qui est bon pour tous et les autres qui ne sont pas bien malins, mais assez tout de même pour comprendre qu’il vaut mieux remettre les rênes à ceux qui sont capables ?
Ou bien est-ce que l’organisation pyramidale de la société actuelle issue en droite ligne du modèle monarchique – avec ses pouvoirs et ses privilèges – a transposé d’anciens schémas qui ont la vie dure ? Ce sont les lois qui maintiennent un ordre établi il y a belle lurette par la classe dirigeante pour préserver ses intérêts, et les grands-messes électorales n’ont pas pour objectif de conduire à un changement réel, au mieux d’aménager quelques réformes en trompe l’œil pour maintenir cette léthargie qu’on appelle la paix sociale.
Comment peut-on s’incliner devant l’injustice, la guerre, l’exploitation et s’avouer vaincu sans combat quand il s’agit d’établir la justice sociale ? Imaginer des moyens pour que chaque individu participe à toutes les prises de décision n’a rien de fantaisiste et peut être réalisé à travers les associations, les syndicats, les comités de quartiers, etc. Mettre en place une société égalitaire n’a rien d’utopique, mais pour y parvenir, il faut se réapproprier les moyens de production et pour cela il ne s’agit pas de passer par le bureau de vote, mais par la grève générale.
Anne-Marie Aguettaz (adhérente à la CNT)
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